LE CADRE
Juan Pablo Llapiz avec ses enfants Valeria et Marcelo ainsi que son père Don Pablo à la recherche d'indices de jaguar.
Le « Beni » bolivien est un gigantesque territoire d’Amazonie composé de forêts préservées, mais également de larges plaines naturellement déboisées appelées la « pampa amazonienne ». Loin de l’image traditionnelle d’une dense forêt tropicale, ce territoire frontalier avec le Brésil couvrant près de 100.000km2, abrite différents écosystèmes qui sont le refuge d’une faune abondante et variée, l’une des plus riches de l’Amazonie. Largement inondée la moitié de l’année, puis subissant de plus en plus fréquemment de sévères périodes de sécheresse durant les six mois restants, ces terres offrent aussi depuis toujours des pâturages naturels propices à l’élevage de vaches indiennes. Rien d’autre ne peut y être élevé ou cultivé. C’est sur ce territoire qu’Heidi et Juan Pablo ont installé leur ranch. Ils possèdent plus de 3 500 têtes de bétail réparties sur près de 14.000 hectares - une fois et demi la superficie de la ville de Paris. Ils sont littéralement tombés amoureux de cette région, et ne cessent de s’émerveiller devant la faune abondante et variée qui l'occupe.
LA BOLIVIE ET LE JAGUAR
La Bolivie a une superficie de 1.121.579 km2 et une population d’un peu plus de douze millions d’habitants.
On estimait en 2018 que l’habitat du jaguar était répartis sur environ 700.000 km2, et que leur nombre sur le territoire bolivien était estimé, faute de recensement officiel, entre 7.000 de 13.000 individus.
Mais avec les immenses et récurrents feux qui ont ravagés la Bolivie depuis 2022 et causés la perte de près 100.000km2 de forêts et de pampas ainsi que la pression humaine croissante sur son habitat, certains organismes boliviens de protection de la faune et des scientifiques disent que la population de jaguars à dû diminuer fortement ces dernières années.
La plupart des jaguars vivent essentiellement dans les basses terres au nord et à l’est du pays. On le retrouve depuis les contreforts andins au Nord de la capitale La Paz, essentiellement dans le parc national Madidi, jusque dans les plaines adjacentes des Llanos. On le retrouve aussi mais en plus petit nombre dans le centre du pays, dans les parcs nationaux Amboró et Carrasco.
Mais c’est essentiellement vers l’Est, en direction du Brésil, que sa population est la plus importante. Le parc national Noel Kempff Mercado, les forêts environnantes et pampas de la région de la Chiquitania et Iténez, le pantanal bolivien, ou encore la région du Chaco au sud-est de la Bolivie, sont les territoires où l’on rencontre la plus grande concentration de jaguars.